Bibliothèques numériques, documents numériques et médiations

Ce second axe de recherche se construit autour des mutations des bibliothèques, des archives et des services documentaires, induites par la mise en ligne des documents et des collections numériques. Plusieurs dimensions sont envisagées :

– celle de l’hybridation des pratiques professionnelles, quand la réédition numérique autorise des cheminements dans les collections à l’image de parcours muséaux proposés par des bibliothèques ou des archives, liés à leurs dimensions spatiales et temporelles;

– celle de l’accès à l’information et des nouvelles formes de circulation des savoirs à l’heure où de nouveaux outils permettent aux professionnels et au public d’être co-acteurs de leur construction;

– celle des usages prescrits en regard des usages attestés; celle des pratiques dans l’enseignement et dans la recherche;

– celle des modèles socio-économiques des éditeurs, des bibliothèques, des institutions culturelles.

Des liens forts avec des institutions sont déjà tissés par les chercheurs impliqués, notamment avec des bibliothèques municipales et universitaires, ainsi qu’avec les producteurs d’information scientifique et technique (INIST, Archives ouvertes), avec le CCSD, avec des éditeurs commerciaux (Elsevier) ainsi qu’avec des associations professionnelles du domaine. Dans le cadre spécifique lyonnais, un objet d’étude s’impose : la bibliothèque numérique. Une analyse des différentes représentations en vigueur doit nous conduire à étudier les continuités et les discontinuités dans le passage de la bibliothèque à la bibliothèque numérique. On s’intéressera à tous les secteurs couverts par les bibliothèques : scientifique, lecture publique, spécialisée – en appuyant les travaux sur l’expertise de l’équipe en matière d’analyse automatique de contenus, d’analyse de l’organisation des connaissances et d’analyse de la classification documentaire (analyse des représentations des savoirs).

Dans ce deuxième axe, les chercheurs mettent en œuvre des compétences infométriques qui fondent l’expertise d’ELICO dans l’utilisation des techniques scientométriques et bibliométriques. On en donnera ici trois exemples :

– L’analyse de la circulation de 1992 à 2004 d’un corpus de journaux en pharmacologie de l’INIST, en tenant compte de trois facteurs que sont le prêt, la popularité (mesurée par le nombre de citations), la typologie des clients (laboratoires privés et publics…) Cf. Interlending & Document supply.

– Une analyse comparée de l’indicateur scientométrique h-index et du célèbre facteur d’impact pour les 50 journaux les plus populaires de l’ISI en pharmacologie et en psychiatrie. (Cf. Scientometric).

– Enfin, un travail théorique sur les lois historiques des sciences de l’information et de la communication (Lotka /Bradford /Shannon/ Zipf) qui croise des notion infométriques (loi des avantages cumulés, dispersion et obsolescence de la littérature scientifique) et les technologies de l’intellect concernant l’écriture (Publication d’un ouvrage prévue fin 2011).