2ème séance Genre et controverses en ligne – vendredi 11 mars – 10h30 – Lyon 1

Organisation: Isabelle Hare, Stéphanie Kunert, Aurélie Olivesi / ELICO

Projet soutenu par l’XXI et l’ISH

Deuxième séance : vendredi 11 mars 10h30-15h Lyon 1

Thématique :  GENRE ET CYBERVIOLENCES

Lieu : Université Lyon I – Campus de la Doua, bâtiment Nautibus (salle C2)

Programme :
10h30: introduction

10h45: Imane Karzabi (Centre Hubertine Auclert, Observatoire régional des violences faites aux femmes d’Ile de France), Le cybersexisme : le continuum des violences de genre, du réel au virtuel

11h15: Myriam Hernandez (Doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication – Université Paris-Est Créteil, Laboratoire Céditec), La parole confisquée aux femmes victimes? La prévention des violences contre les femmes à travers le site gouvernemental www.stop-violences-femmes.gouv.fr

11h45: échanges avec la salle

12h05-13h30: pause déjeuner

13h30: Nathalie Mallet-Poujol (Directrice de recherche au CNRS en Droit des créations immatérielles, Université Montpellier 1), Droit de la presse et discours homophobes

14h00: Aurélie Dumont (Doctorante en Sociologie, Université Nice Sophia Antipolis, URMIS), Les cyberviolences chez les jeunes, une histoire de genre ? Synthèse de littérature scientifique

14h30: Catherine Blaya (Professeure en Sciences de l’Education, Université de Nice, URMIS. Présidente de l’Observatoire international de la violence à l’école)

15h00: échanges avec la salle, Cyberviolence et milieu scolaire

15h30 : Fin du séminaire

Inscription gratuite (avant le 4 mars) à l’adresse url suivante: https://docs.google.com/forms/d/1fQ3QhU09a5hWgbNmlMeTwRV_m-2AjW96U2UkipJd69I/viewform?c=0&w=1&usp=mail_form_link

 

Présentation du séminaire :

Le genre, en tant qu’outil théorique remettant en cause la doxa naturaliste de la différence des sexes et permettant d’analyser les discriminations liées aux rapports sociaux de sexe, fait l’objet d’un violent conflit de définitions dans l’espace public, qu’il s’agisse des thématiques que ce concept met en œuvre, de ses implications, ou des instances habilitées à le définir de manière légitime. Ces polémiques ponctuelles actualisent et alimentent la controverse déjà ancienne autour de la différence des sexes. L’étude du genre dans l’espace public ne peut donc se départir d’une approche des polémiques qui lui sont afférentes.

Le séminaire s’inscrit dans le contexte des travaux actuels sur l’analyse de données et la prise en compte de l’espace public numérique. Dans quelle mesure les dispositifs numériques contribuent-ils à raviver cette controverse ? Dans quelle mesure permettent-ils d’observer de nouveaux rapports polémiques ? La masse de données permet-elle d’observer des rapports de genre différents ?

Les espaces publics numériques, de par les modes d’interaction qu’ils mettent en œuvre (identités, grammaires communicationnelles), se prêtent tout particulièrement à des usages polémiques (campagnes de dénigrement, hashtags thématiques…) mais aussi paradoxalement à la dilution des enjeux politiques et de la charge critique des concepts issus du féminisme. L’enjeu de ce séminaire d’études est de comprendre dans quelle mesure les modes d’interaction spécifiques aux espaces numériques (pseudonymat, temporalité éphémère, “effet cascade”) se prêtent à une mise en œuvre des polémiques de genre, des conflits de définition du genre, mais aussi à l’érosion de sa portée critique en tant que concept. Ces espaces numériques sont souvent comparés à des lieux de confrontation des opinions, mais au final ces lieux supporteraient plutôt des débats par dissociation (Gauthier, 2014), au sein desquels les opinions évoluent en parallèle plutôt qu’elles ne se confrontent véritablement. Cela aurait pour effet principal de générer des débats de grande amplitude, c’est à dire des débats dont la confrontation originale se diluerait dans des micro-débats alimentés par une multitude de contributeurs.

Etudier le discours sur le Genre dans ses différentes expressions permet de saisir des enjeux liés à la sociologie des réseaux, aux conservatismes sociaux et langagiers, à la désaffection d’une partie du public pour certains médias, ainsi qu’au développement – ou à l’obsolescence – de certaines pratiques discursives. Dans cette perspective, nous prendrons en compte les propositions portant sur les questions liées au Genre et leurs commentaires dans les versions Internet des grands médias, mais également les médias “pure players”, les réseaux sociaux, les blogs et forums féminins et/ou féministes, mais aussi les médias et blogs qui se sont focalisés sur la thématique de la “Théorie du genre” pour s’y opposer.

L’analyse des points d’ancrage des définitions qui se font jour au sein de l’espace numérique, en articulant dimensions explicite et implicite, permet de comprendre dans quelle mesure le discours sur le Genre demeure in/stable : il peut se renouveler tout en continuant à véhiculer des représentations traditionnelles.
L’objectif de ce séminaire d’études est de resserrer les dialogues et les collaborations entre chercheurs de divers horizons disciplinaires (sciences de l’information et de la communication, sciences politiques, sociologie, sciences du langage, droit…) afin de relier les méthodes et les connaissances des polémiques dans les espaces numériques – tout en soulignant la spécificité de ces espaces et de ces dispositifs numériques au regard d’une controverse politique et des polémiques qui l’actualisent et la nourrissent en impactant le corps social. En effet, les différentes branches de l’analyse du discours, ainsi que l’informatique, la sociologie des médias, la sémiotique … sont autant d’approches permettant de se saisir de cette controverse qui se déploie et se reconfigure dans les divers espaces et dispositifs numériques. Ces approches se trouvent toutes également confrontées à la dimension labile, instable et polymorphe des discours qui participent de la controverse sur le Genre, ainsi qu’à leur polyphonie. Ce séminaire vise non seulement à faire dialoguer les chercheur-e-s dans le champ des recherches sur le Genre comme sur les controverses, sur les espaces publics numériques, mais aussi à offrir plus de visibilité aux nouvelles collaborations et recherches émergentes, en proposant notamment une publication collective à l’issue du cycle de séminaires.