12 et 13 décembre 2018 – Colloque international Politiques culturelles et ordre social 1968–2018 : morales, écarts, possibles /International Symposium Cultural policies and social order 1968–2018: ethics, disparities, eventualities

Colloque organisé dans le cadre du projet de recherche DECLART, Politisation par l’action artistique et circulation de la Déclaration de Villeurbanne, 1968-2018, Appel à projet interne de l’université Lyon 2 :  ELICO EA 4147 (coord.), Passages XX-XXI EA 4160; Maison des Sciences de l’Homme Lyon–Saint-Etienne (MSH LSE); Bibliothèque Municipale de Lyon (BML) ; École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon (ENSBAL); Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication (CHMCC); TNP Villeurbanne.

En mai 1968, des  États généraux de la Culture se tiennent au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, autour de Roger Planchon et Francis Jeanson : un manifeste marquant est rédigé, intitulé Déclaration de Villeurbanne. Lyrique et prospective, la Déclaration émane d’une autorité collective formée de vingt-trois « directeurs des Théâtres populaires et des Maisons de la culture ». Ensemble, ils défendent un projet de rupture et aussi de pouvoir, tout en décrivant un espace public fragmenté – en somme une sorte de morale politique. Ce texte connaîtra une destinée particulière à la fois en tant que centre de gravité et comme point de variation des énonciations politiques de la culture et du rôle social de l’art, notamment dans le champ du théâtre (Delhalle 2006, 2017).

Nous avons souhaité nous saisir de la Déclaration de Villeurbanne, texte fondateur, engagé et ambigu, pour nous pencher sur la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968. L’évolution des référentiels de l’action culturelle et la façon dont ils parlent de (ou taisent) la relation entre politique et culture sera analysée lors du colloque dans trois directions : la spécialisation des protagonistes de la culture (opérateurs, artistes, public) ; la territorialisation de la culture (entre essoufflement des politiques culturelles nationales, internationalisation et montée en puissance du fait urbain) ; les cadres institutionnels et organisationnels de l’activité culturelle (leur caractère contraignant et leurs interstices).

La réflexion collective et pluridisciplinaire sur les mutations de l’action culturelle donnera lieu à la production d’un livre blanc sur l’état des lieux des relations entre actions culturelles et morale politique.

En partenariat avec le Théâtre National Populaire de Villeurbanne.

Comité d’organisation du colloque : Julia Bonaccorsi (ELICO, Université Lyon 2), Murilo Bernardi (Université Lyon 2), Jacques Bonniel (Centre Max Weber, Université Lyon 2), Sarah Cordonnier (ELICO, Université Lyon 2), Camille Jutant (ELICO, Université Lyon 2), Michel Kneubhüler (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication), Elmira Prmanova (ELICO, Université Lyon 2).

Renseignements : policult68@sciencesconf.org

Inscription obligatoire : https://policult68.sciencesconf.org/registration

Localisation du colloque  : 

12 décembre : Théâtre National Populaire, Villeurbanne

13 décembre : Maison international des langues et des cultures (MILC), 35 rue Raulin, 69007 Lyon

 

 

In May 1968, a French national forum for culture was held at the Théâtre de la Cité de Villeurbanne, with Roger Planchon and Francis Jeanson at the forefront: a landmark manifesto was drafted, entitled Déclaration de Villeurbanne. Lyrical and forward-looking, the Declaration was the creation of a collective authority made up of twenty-three directors of popular theaters and cultural centers. Together, they supported a plan to break with the past as well as gain power, while describing a fragmented public arena – in short, a sort of political ethic. The document was destined for a special fate, both as a focal point and a variable point in political discourse on culture and the social role of art, especially regarding the theater (Delhalle 2006, 2017).

The Declaration is still used today, though ambiguous and prone to varying interpretation, helping us reflect on the continuities and breaks that influence contemporary cultural practices, policies and productions. Yet if we are to look critically at current affairs in the art world and cultural initiatives, we need to do away with meaningless categorizations and begin working together to denaturalize lingering, resistant language and practices that in a variety of ways declare democratization, emancipation and the alternative. Other themes may provide food for thought: the concept of risk, for example (what about involvement today or the conformism of cultural actors?) ; the issue of globalization (what about the internationalization of practices and the rise of local?) ; or the very process of politicization (what about culture’s political role in the face of economic arguments?).

Much research has been conducted on these topics in multiple fields of knowledge: theater studies, information and communication technology, sociology, history, political science, etc.In keeping with this research, the symposium is open to contributions from a variety of disciplines within the humanities and social sciences. These contributions will take a critical, problem-focused look at cultural policies, productions and/or practices, regardless of the artistic or cultural sector in question (performing arts, circus arts, heritage, books, etc.).